La Wine List qui ne dit rien !

Pour 70% des consommateurs anglais, le vin est une boisson alcoolisée “comme les autres” (*). De ce fait, tout discours érudit, complexe, ou poétique sur les appellations et le terroir est contre-productif, il les éloigne du produit…

Le Leitmotiv de nombreux intervenants au cours des conférences de la LIWF 2012 est donc : simplifiez le discours, donnez aux consommateurs des repères simples, compréhensibles, et qui répondent à leurs attentes.

Voici un exemple extrême : la carte des vins d’un “pub de nuit”… Pourquoi elle est parfaite ? Parce que dans ce contexte, elle répond aux attentes de ses clients, qui n’ont besoin ni de plus de choix, ni de plus de détail.

A éviter dans un restaurant étoilé ?

(*) : chiffre avancé par Dan Jago, directeur des achats Vin, Bière et Spiritueux de Tesco, qui a conduit une importante étude à ce sujet. Il rajoute que si les consommateurs “impliqués” ne représentent que 30% des acheteurs, ils contribuent en revanche à 50% des achats en valeur - Source : Industry Briefing du 22/05/2012

L’étiquette qui dit tout

Initiative intéressante pour ce vin Turc. L’étiquette est …une fiche technique détaillée.

Nous saurons donc tout sur ce vin, de la nature des sols à la fermentation, jusqu’au nombre précis de mois d’élevage, et même le pH et l’acidité totale…

Bonne idée ? Il faut voir. Le traitement graphique, à base d’écriture manuscrite, est bien réussie, mais parfois trop d’information peut tuer l’information.

L’incontournable publicité pour Rueda

99% des visiteurs de la London Wine Fair s’y rendent par le DLR (l’équivalent local de notre RER). Bonne idée donc des vins de Rueda, appellation leader en terme de vins blancs en Espagne, qui a acheté un gigantesque panneau d’une vingtaine de mètres de large le long du quai d’arrivé.

La publicité diffusée est bien adaptée au format, avec une lecture toute en longueur mettant en avant les différents accords auquel se prêtent leurs vins.

Une première : Tesco prend un stand sur la LIWF

“Si tu ne viens pas à Tesco, Tesco viendra à toi !”, c’est en quelque sorte la philosophie du n°1 anglais de la grande distribution.

Pour la première fois, les acheteurs Vin de Tesco ne prennent plus de rendez-vous sur les stands des producteurs : ils ont préféré investir dans leur propre stand dédié où les producteurs se succèdent pour présenter leurs vins. Ainsi, les agendas sont optimisés, et les acheteurs rencontrent  un maximum d’interlocuteurs.

Alors, à quand un stand Carrefour ou Auchan à Vinexpo ?

Le “Social Media” fait le plein à la LIWF

L’année dernière encore, les gens passaient à coté de l’Access Zone en se demandant qui étaient ces gens qui animaient des conférences sur l’importance des médias sociaux et d’Internet dans la stratégie commerciale des producteurs de vin…

Cette année, signe des temps, c’est carton plein ! L’access Zone est noire de monde à chacune des conférences. Les “newbies” y croisent les “geeks”, les blogueurs y croisent les producteurs ou les journalistes, et on retrouve avec plaisir les Vinocampeurs de tous les pays ! 

Bravo à Vrazon pour cette opération. Pour info, ce sont également eux qui organisent l’European Wine Bloggueurs Conference (EWBC pour les intimes) en Novembre en Turquie. 

La LIWF est dans la poche !

Les nouvelles technologies prennent petit à petit leurs place dans les salons professionnels. La LIWF propose aux visiteurs de scanner un QR code pour télécharger une application spécifique au salon.

Celle-ci est vraiment bien faite, avec un plan interactif des exposants, un agenda détaillé et personnalisable des événements (castings, conférences, Mastercalsses, etc…), et même un fil d’actualité en temps réel.

De loin la meilleure application de salon à ce jour ! (dommage qu’il n’y ait pas de Wifi gratuit sur le salon…)

Vous pouvez la trouver ici : http://showcase2.eventgenie.com/londonwinefair/

Cocorico : la France communique à la LIWF

Voilà une bonne idée ! Les Vins de France ont disposé devant l’entrée de la LIWF des jeunes personnes habillées en marinière et béret, clin d’oeil au cliché franchouillard.
Ils accueillent tous les visiteurs de la LIWF par un sourire et un croissant, assortit d’un “Bonjour” tonitruant.

C’est 100% en cohérence avec l’ADN de la  France, cela rend un service, cela fait plaisir, et surtout c’est bien moins couteux que de l’achat d’espace publicitaire. Voilà de la communication hors-média de très bonne qualité. Bien vu la Sopexa.

London, capitale du Marketing du vin ?


Il parait que la London International Wine Fair n’a plus le vent en poupe, qu’on y préfère Prowein, qui a lieu plus tôt dans l’année, plus “central”, plus orienté vers l’Europe continentale, les pays de l’Est et la Scandinavie.
Cette année, qui plus est, il y la concurrence de Vinexpo Hong Kong, dont les dates sont proches, et qui ouvre les portes du grand eldorado Chinois.
 
Les producteurs ont du faire des choix, les temps sont durs et les salons sont des investissements onéreux.

Pourtant, la LIWF est mon rendez-vous préféré de l’année pour ce qui est du marketing du vin. En effet, le marché Anglais est  certainement le marché le plus mur et le plus “excitant” au monde en terme de marketing du vin.

Les conférences à elles seules méritent le détour : Que ce soit les “Industry Briefings”, les conférences de Wine Intelligence ou encore les séminaires sur l’Access Zone, sont autant d’opportunité d’être en contact avec les meilleurs analystes

La bière qui se fait passer pour du vin !

Bonne nouvelle ! En Nouvelle Zélande, des études ont démontré que les jeunes consommateurs se détournent de la bière en faveur du vin - car celui-ci est un marqueur de “statut social” - même s’ils préfèrent le gout de la bière…

Que faire, alors, lorsque l’on produit de la bière et que l’on voit son “coeur de cible” s’éloigner ?

La marque de bière DB Export a eu une idée géniale : aller chercher le consommateur directement au rayon vin en proposant une fausse bouteille de vin, qui est en fait un coupon de réduction pour … une caisse de bière !


DB Export a joué tous les codes d’un vin traditionnel “à la française” : Bouteille bordelaise, étiquette classique avec Château et dorure. La marque  tourne en ridicule les mentions “légales” : Château Crapio (Crap = m..rde) - Monsieur Bignosé (= Gros nez) - Some Valley in France - Product of Foreign.



La contre-étiquette est hilarante et se moque du verbiage de dégustation :  “Pas de panique, vous êtes dans le mauvais rayon ! Les gens vont penser que vous êtes en train d’étudier les notes sous-jacente de groseille-à-maquereaux. Nous allons vous aider à vous sortir de cette impasse, et vous trouver de la bière”

Le résultat ? Le magasin qui a mis la promotion en place aurait vu ses ventes de DB Export augmenter de 350% !

Quel producteur de vin aura l’audace de produire une fausse bière pour ramener le consommateur au rayon vin ? 

Si vous aimez cette pub, vous pouvez également aller voir les autres productions du même annonceur :
- le film sur le vin et les années 80 
- les pubs écrites, tout aussi corrosives
- et ma préférée, la “Wine List”, qui n’est pas sans rappeler la fameuse “comment un homme lit une carte des vins”



Ces publicité ont été réalisées par l’agence Colenso BBDO à Auckland)

Faire la différence ?

Je tombe sur cet excellent article parlant de marketing, de vin, et de l’importance de la différenciation (lien vers l’article “Whining”)

En une image, Jeffrey Slater résume parfaitement un des plus gros problèmes du monde du vin. Le manque de différenciation en terme de packaging.


 
Selon lui, la plupart des consommateurs voient le rayon vin comme cette librairie monochrome : Tout se ressemble, ils sont perdus, sans point de repère.

Lorsque l’on aborde la création de son packaging, il est donc essentiel de se poser ces questions : celui-ci va-t-il émerger dans cet océan de similarité ? Un consommateur qui m’a choisi une fois va-t-il seulement me reconnaitre la fois suivante ?

L’article est un excellent argumentaire sur le rôle et l’importance de la différenciation. Il cite de nombreux exemples hors du monde du vin, dont on pourrait s’inspirer pour s’ouvrir à la créativité.

PS : Merci à Damien Wilson (@winebusprof) d’avoir trouvé et partagé cet article sur Twitter.